Testez vos connaissances sur la spasticité
Répondez à ce court quiz pour évaluer votre compréhension des causes et symptômes de la spasticité en 2026.
Question 1: Quelle caractéristique définit la spasticité selon la définition de Lance?
Question 2: Quelle condition neurologique est associée à une prévalence de spasticité supérieure à 80 %?
Qu’est-ce que la spasticité exactement?
Une définition claire de ce trouble musculaire
La spasticité est un trouble neurologique caractérisé par une augmentation anormale du tonus musculaire, souvent douloureuse. Elle se manifeste par une résistance accrue lors des mouvements passifs, cette résistance étant proportionnelle à la vitesse à laquelle on essaie de mobiliser le muscle. C’est ce que l’on appelle l’hypertonie musculaire, un phénomène directement lié à une hyperexcitabilité des réflexes myotatiques.

En 2026, la définition de référence reste celle établie par Lance en 1980, bien que son cadre ait été étendu pour inclure des manifestations plus complexes. Ce trouble découle d’une rupture de l’équilibre entre les signaux inhibiteurs et excitateurs du système nerveux central. Lorsque les motoneurones supérieurs sont endommagés, l’inhibition normale est perdue, entraînant une activation excessive des muscles.
Comment se différencie-t-elle des autres troubles musculaires?
Il est fondamental de distinguer la spasticité de la rigidité musculaire, souvent observée dans la maladie de Parkinson, où la résistance est constante, indépendante de la vitesse du mouvement. Contrairement à la spasticité, la rigidité ne s’accentue pas avec la vitesse de mobilisation.
De même, la spasticité ne doit pas être confondue avec une contracture, qui est une contraction involontaire et persistante d’un muscle, généralement due à une ischémie ou à une lésion locale. Une autre confusion fréquente concerne le clonus, qui est en réalité une manifestation de la spasticité, caractérisée par une série de contractions musculaires rapides et rythmiques, souvent au niveau du mollet.
Les différents types et formes de spasticité
La spasticité peut présenter plusieurs formes selon sa localisation et sa gravité. La forme la plus courante est la spasticité focale, touchant un ou plusieurs muscles spécifiques, comme le triceps ou les fléchisseurs des doigts. Elle peut également être segmentaire, affectant un segment corporel entier, ou généralisée, impliquant plusieurs groupes musculaires de manière diffuse.
Chez les enfants atteints de paralysie cérébrale, on observe souvent une diplégie spastique, où les membres inférieurs sont principalement touchés, rendant la marche difficile. Dans les cas d’origine cérébrale, comme après un AVC, une hémiplégie spastique affecte un hémicorps. Enfin, une tétraplégie spastique touche les quatre membres, généralement consécutive à une lésion médullaire haute.
Qu’est-ce qui cause la spasticité? Les origines neurologiques
Le rôle complexe du système nerveux dans le contrôle musculaire
Le contrôle musculaire repose sur une architecture neuronale fine, où les motoneurones supérieurs, situés dans le cerveau et la moelle épinière, régulent l’activité des motoneurones inférieurs qui innervent directement les muscles. Ce système permet une coordination fluide des mouvements, grâce à un équilibre entre excitation et inhibition.
Lorsqu’une lésion affecte les voies motrices supérieures — qu’elle soit cérébrale ou médullaire —, cette régulation est perturbée. L’absence de contrôle inhibiteur entraîne une hyperactivité des circuits réflexes, conduisant à une contraction excessive et involontaire des muscles. Ce mécanisme est aujourd’hui mieux compris grâce aux avancées en neurophysiologie, notamment l’étude de l’hypertonicité du courant sodique persistant dans les motoneurones.
Les lésions cérébrales et médullaires, principales responsables
Les causes les plus fréquentes de spasticité sont liées à des atteintes du système nerveux central. Parmi celles-ci, les lésions médullaires sont particulièrement préoccupantes: environ 80 % des patients en développent une, généralement six à douze semaines après l’accident. Cette période correspond à la phase de stabilisation neurologique, où les circuits réflexes deviennent autonomes.
Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) représentent une autre cause majeure, affectant près de 30 % des survivants. La localisation de la lésion cérébrale détermine la distribution de la spasticité, souvent unilatérale. Enfin, la sclérose en plaques (SEP), maladie neurodégénérative inflammatoire, touche plus de 80 % de ses patients, avec une spasticité pouvant évoluer de façon fluctuante selon les poussées.
Les maladies et accidents souvent associés à la spasticité
Outre les causes principales citées, d’autres affections neurologiques peuvent déclencher une spasticité:
- Paralysie cérébrale: 70 % à 80 % des enfants concernés, souvent détectée dès les premières années de vie.
- Lésions cérébrales traumatiques: fréquentes après un traumatisme crânien sévère, la spasticité peut apparaître progressivement.
- Ataxies et dystonies: certaines maladies hérédiques ou auto-immunes peuvent induire un tableau mixte avec spasticité et autres troubles du mouvement.
En 2026, l’approche diagnostique repose sur une évaluation clinique rigoureuse et une imagerie cérébrale ou médullaire, souvent complétée par une électromyographie.
Estimer l’impact potentiel de la spasticité
Ce calculateur vous aide à évaluer le niveau d’impact fonctionnel basé sur les zones touchées. (À titre informatif, ne remplace pas un avis médical.)
Niveau d’impact estimé:
Comment la spasticité se manifeste-t-elle au quotidien?
Les symptômes physiques de la spasticité
Les manifestations de la spasticité varient selon la gravité et la localisation, mais certaines zones sont particulièrement touchées. Le coude est la zone la plus fréquemment affectée, avec une prévalence de 79 % chez les patients, souvent en flexion. Le poignet et les doigts peuvent également être en position de griffage, rendant la préhension difficile.
Au niveau des membres inférieurs, la spasticité des adducteurs peut entraîner un croisement des jambes, tandis que celle des muscles fléchisseurs de la hanche limite l’extension. La pointe des pieds, due à la spasticité du triceps sural, est un signe fréquent perturbant la marche. Ces troubles peuvent être associés à des crampes nocturnes, des douleurs chroniques et des spasmes déclenchés par un stimulus sensoriel.
L’impact sur la qualité de vie et l’autonomie
Loin d’être un simple trouble musculaire, la spasticité a un retentissement profond sur la vie quotidienne. Elle peut entraver des gestes simples comme s’habiller, se nourrir ou se toiletter. La rigidité limite l’accès aux soins, notamment l’habillage ou l’hygiène intime.
Le sommeil est souvent perturbé par les spasmes nocturnes.
Sur le plan social, la stigmatisation liée aux mouvements involontaires ou à la posture peut engendrer de l’isolement. Certains patients évitent les sorties ou les interactions à cause de la peur du regard des autres. L’impact psychologique est donc majeur, avec un risque accru de dépression ou d’anxiété, comme le souligne la gestion du mal de dos et ses impacts psychologiques.
Quand consulter un professionnel de santé?
Il est recommandé de consulter dès l’apparition de symptômes évocateurs: résistance au mouvement, douleurs musculaires inexpliquées, ou apparition de postures inhabituelles. Un diagnostic précoce permet de mettre en place une prise en charge adaptée, ralentir la progression vers des rétractions tendineuses et améliorer la fonction.
Le professionnel de santé évaluera la spasticité à l’aide de l’échelle d’Ashworth modifiée, qui mesure la résistance au mouvement passif. Une imagerie par résonance magnétique (IRM) peut être prescrite pour identifier la lésion initiale. D’ailleurs, une fiche bilan kiné gratuite à télécharger peut être utile pour évaluer les capacités fonctionnelles.
Quelles sont les options de traitement de la spasticité en 2026?
Les approches non médicamenteuses et la rééducation
La kinésithérapie reste un pilier de la prise en charge, bien que son efficacité isolée sur la réduction de la spasticité soit limitée. En revanche, elle est essentielle pour maintenir l’amplitude articulaire, prévenir les rétractions musculo-tendineuses et optimiser les compensations fonctionnelles. Des techniques comme l’étirement passif, la mobilisation articulaire et la rééducation posturale sont systématiquement intégrées.
Les orthèses dynamiques ou statiques jouent un rôle clé, notamment pour maintenir le poignet ou la cheville en position fonctionnelle. La stimulation électrique fonctionnelle (FES) est de plus en plus utilisée, en particulier dans la SEP, pour moduler l’activité musculaire. Des innovations comme la stimulation magnétique transcrânienne répétée montrent des bénéfices modérés, notamment sur la spasticité des membres supérieurs.

Les traitements médicamenteux pour soulager la spasticité
Les traitements médicamenteux visent à réduire l’excitabilité neuronale. Le baclofène, agoniste du récepteur GABA-B, est souvent prescrit en première intention. Il peut être pris par voie orale ou, dans les cas sévères, via une pompe à baclofène implantée intrathécale, offrant une diffusion ciblée au niveau de la moelle épinière.
La tizanidine, un agoniste alpha-2 adrénergique, est une alternative fréquente, particulièrement efficace sur la spasticité liée aux traumatismes médullaires. Le dantrolène, qui agit directement sur le muscle en inhibant la libération du calcium, est utilisé en deuxième ligne, mais ses effets hépatotoxiques limitent son usage prolongé.
Les dérivés du cannabis, comme le nabiximols (Spravito), sont désormais intégrés dans les protocoles de prise en charge en France, surtout pour la sclérose en plaques. Leur efficacité sur les spasmes et la douleur est reconnue, bien que les effets psychoactifs nécessitent une surveillance.
Les interventions chirurgicales et les thérapies innovantes
Pour les formes rebelles, les options chirurgicales sont envisagées. La rhizotomie dorsale sélective consiste à sectionner chirurgicalement certaines racines nerveuses sensitives de la moelle épinière, réduisant ainsi l’entrée sensorielle qui alimente la spasticité. Elle est surtout utilisée chez l’enfant atteint de paralysie cérébrale pour améliorer la marche.
La neurolyse chimique, par injection d’alcool ou de phénol, détruit de façon irréversible les nerfs moteurs responsables de la spasticité focale. Cette méthode est réservée aux cas très localisés et sans espoir de récupération fonctionnelle.
En 2026, la recherche s’oriente vers des cibles moléculaires plus précises. L’une des pistes les plus prometteuses concerne la calpaïne, une protéase impliquée dans la dégradation des canaux sodiques. Son inhibition pourrait prévenir l’hyperexcitabilité des motoneurones après une lésion médullaire, comme l’explique l’analyse complète des produits Hilma Biocare sur les approches complémentaires.
| Traitement | Mode d’action | Efficacité | Risques |
|---|---|---|---|
| Baclofène oral | Agoniste GABA-B | Modérée | Somnolence, faiblesse |
| Pompe à baclofène | Diffusion intrathécale | Élevée | Infection, surdosage |
| Tizanidine | Agoniste alpha-2 | Modérée | Hypotension, vertiges |
| Toxine botulique | Bloc neuromusculaire | Ciblée (focale) | Faiblesse locale |
Vivre avec la spasticité: conseils et accompagnement
Gérer la douleur et améliorer le confort au quotidien
La gestion de la douleur est centrale. Des techniques non médicamenteuses comme la chaleur locale, les bains chauds, ou la relaxation peuvent soulager les tensions. L’adaptation de l’environnement, via des équipements d’aide technique, facilite l’autonomie.
Des programmes de pleine conscience ou de méditation, comme ceux utilisés dans la gestion du stress, peuvent réduire la perception de la douleur.
La nutrition joue également un rôle. Une alimentation riche en magnésium et en potassium peut aider à prévenir les crampes. Des troubles comme la constipation ou la rétention urinaire, fréquents chez les patients avec lésion médullaire, peuvent aggraver la spasticité.
Leur prise en charge préventive est donc essentielle, comme le montre l’approche holistique dans la médecine moderne.
L’importance du soutien psychologique et des groupes d’entraide
Le soutien psychologique est un pilier souvent sous-estimé. Une prise en charge par un psychologue ou un psychiatre peut aider à traverser les phases de déni, de frustration ou de dépression. Les groupes d’entraide offrent un espace d’échange précieux, où les expériences sont partagées sans jugement.
Des plateformes numériques permettent désormais de se connecter à distance, notamment pour les personnes isolées géographiquement. Le fait de parler de ses difficultés, de ses peurs, de ses victoires, renforce la résilience. Au passage, le rôle des mandalas dans la détente mentale est un excellent complément.
Les avancées de la recherche et les perspectives d’avenir
En 2026, la recherche explore plusieurs pistes. Outre la cible de la calpaïne, des études sur les molécules régulant le transporteur de chlorure KCC2 ouvrent de nouvelles perspectives. Des essais cliniques testent des traitements géniques ou des cellules souches pour réparer les circuits neuronaux endommagés.
La robotique et l’intelligence artificielle transforment aussi la rééducation. Des exosquelettes intelligents ajustent en temps réel leur assistance selon la spasticité du patient. Des applications mobiles permettent un suivi à distance, alertant le médecin en cas d’aggravation.
Ces innovations, bien qu’encore en phase d’essai, promettent une prise en charge plus personnalisée et proactive.

Questions fréquentes
La spasticité est un sujet complexe, et de nombreuses questions reviennent régulièrement. Voici des réponses claires et actualisées pour vous aider à mieux comprendre cette condition.
Quelle est la différence entre spasticité et rigidité?
La spasticité est une résistance qui augmente avec la vitesse du mouvement passif, alors que la rigidité est constante, quel que soit le rythme. Cette distinction est essentielle pour poser le bon diagnostic et choisir le traitement approprié.
Peut-on vivre normalement avec la spasticité?
Oui, de nombreux patients mènent une vie pleine et active grâce à une prise en charge adaptée. Bien que la spasticité ne disparaisse pas complètement, ses effets peuvent être significativement atténués par une combinaison de rééducation, de médicaments et d’accompagnement psychologique.
La spasticité peut-elle disparaître?
Dans certains cas, notamment après un AVC, la spasticité peut régresser avec le temps et la rééducation. Cependant, dans les maladies chroniques comme la SEP ou la paralysie cérébrale, elle est généralement persistante, mais gérable.
Quel professionnel consulter en priorité?
Un neurologue est généralement le premier point de contact. Ensuite, une équipe pluridisciplinaire, comprenant kinésithérapeute, orthésiste, et parfois chirurgien, prend le relais pour une prise en charge globale. Pour info, le bilan kiné universel peut servir de base à la reconnaissance des droits.
Y a-t-il des facteurs déclenchants à éviter?
Oui, certains éléments peuvent aggraver la spasticité: fatigue, infection urinaire, constipation, température ambiante élevée, ou stress émotionnel. Identifier ces facteurs permet de mieux anticiper les poussées.
La spasticité peut-elle causer des lésions?
À long terme, oui. Une spasticité sévère et non prise en charge peut entraîner des rétractions musculaires, des déformations articulaires, voire des escarres. Une surveillance régulière est donc essentielle pour éviter ces complications.