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13/05/2026

7–11 minutes

Julien Courbet enquête sur un ophtalmologue à Marseille en 2026

Lucien Ménard

Vieux véhicule abandonné dans une salle d'expertise automobile.

Introduction : quand la confiance envers un médecin se transforme en cauchemar

La santé oculaire est une préoccupation majeure, surtout après 50 ans. Beaucoup consultent un ophtalmologue en toute bonne foi, persuadés d’être entre de bonnes mains. Pourtant, certaines expériences peuvent tourner au drame.

À Marseille, plusieurs patients ont récemment alerté les médias sur les pratiques d’un ophtalmologue mis en lumière par l’enquête de Julien Courbet dans l’émission Arnaques !. Ces récits inquiétants interrogent la supervision du corps médical et la protection des patients face à des diagnostics potentiellement abusifs.

L’un d’eux, opéré six fois pour réparer des dégâts qu’il n’aurait jamais dû subir, affirme : « Je ne voyais rien, j’ai cru que j’allais perdre mon œil. »

Qui est Julien Courbet et pourquoi son rôle est crucial dans ces affaires

Journaliste et présentateur emblématique, Julien Courbet n’est plus à présenter. Depuis des années, il mène des investigations dans le secteur de la santé, de la construction ou encore des services aux particuliers. À travers Arnaques !, diffusée sur M6 et Canal+, il donne la parole à des victimes et plonge dans les rouages de professionnels peu scrupuleux.

Son travail, rigoureusement documenté, permet souvent d’ouvrir des enquêtes judiciaires ou de provoquer des réactions des ordres professionnels. Lorsqu’il s’intéresse à un médecin, c’est rarement anodin. Son équipe a mené une enquête en immersion dans le cabinet du praticien marseillais, révélant des pratiques déroutantes dès la première consultation.

Testez vos connaissances sur les alertes santé

Question 1 : Quel est le rôle principal de l’Ordre des Médecins en cas de plainte ?

L’affaire de l’ophtalmologue marseillais : ce que révèlent les témoignages

Ophtalmologiste examinant une patiente dans un cabinet médical moderne.

En septembre 2025, plusieurs médias, dont 20 Minutes et Le Parisien, ont relayé les récits choquants de patients ayant consulté un ophtalmologue à Marseille. Ces personnes affirment avoir subi des opérations inutiles, notamment pour une cataracte qui, selon leurs propres examens ultérieurs, n’existait pas.

L’un d’eux témoigne : « Je ne voyais rien, j’ai cru que j’allais perdre mon œil. Il a fallu m’opérer six fois pour réparer les dégâts. »

Les accusations sont graves : diagnostics erronés, interventions chirurgicales inadaptées, séquelles visuelles irréversibles, et même des patients devenus malvoyants. Certains rapportent des facturations opaques, avec des dépassements d’honoraires non déclarés et des actes non remboursés par la Sécurité sociale. Ces pratiques suggèrent une fraude systémique, allant bien au-delà de simples erreurs médicales.

Une condamnation par l’Ordre des Médecins, mais un praticien toujours en exercice

Selon les informations diffusées par M6, le Conseil de l’Ordre des Médecins aurait prononcé une sanction à l’encontre de ce médecin. Pourtant, malgré cette mise en cause officielle, le praticien continuerait d’exercer à Marseille. Ce point soulève une interrogation majeure : comment un professionnel sanctionné peut-il encore soigner des patients ?

Le système de contrôle médical français, bien qu’encadré, montre ici ses limites. L’Ordre peut radier, interdire temporairement ou émettre des avertissements, mais l’application des sanctions reste parfois lente, voire inefficace. Ce cas illustre le décalage possible entre une décision disciplinaire et sa mise en œuvre pratique.

Il est également possible que la sanction ne prévoie pas d’interdiction totale d’exercice, mais seulement un avertissement ou une suspension partielle. Dans ces cas, le médecin peut continuer à consulter, y compris pour des actes chirurgicaux. Les patients, quant à eux, n’ont souvent aucun moyen de savoir qu’un tel avertissement a été émis, sauf en consultant l’annuaire officiel du Conseil de l’Ordre, une démarche que peu réalisent spontanément.

Le diagnostic abusif de cataracte : une pratique en hausse ?

La cataracte est une pathologie réelle, fréquente après 60 ans, et son traitement chirurgical est aujourd’hui sûr et bien maîtrisé. Cependant, des abus surgissent lorsque des opérations sont proposées à des patients qui n’en ont pas besoin. Dans le cas marseillais, plusieurs patients affirment avoir reçu un diagnostic de cataracte sans que des examens complémentaires (comme un topo cornéen ou une OCT) ne confirment vraiment la gravité du cas.

Ce biais diagnostique, s’il est intentionnel, relève du harcèlement thérapeutique, une infraction médicale grave.

La cataracte se caractérise par un trouble du cristallin, mais son degré d’évolution doit être évalué avec rigueur. Or, certains praticiens pourraient être tentés de diagnostiquer une cataracte précoce pour proposer rapidement une chirurgie, sans attendre une dégradation réelle de la vision. Cette pression peut venir d’objectifs commerciaux, notamment si le cabinet est organisé comme une structure à haut débit, où le volume de patients prime sur la qualité du suivi.

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Que dit la loi face à un médecin accusé de maltraitance ?

En France, un patient victime d’un préjudice médical peut engager une procédure auprès de la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI) ou directement en justice. S’il est prouvé qu’un acte médical inutile a été pratiqué, le médecin peut être poursuivi pour « exercice illégal de la médecine » ou « homicide involontaire » en cas de séquelles graves.

Par ailleurs, l’Assurance maladie peut lancer des contrôles si des irrégularités de facturation sont détectées. Dans l’affaire marseillaise, aucune condamnation pénale n’a été prononcée à ce jour, mais plusieurs plaintes sont en cours.

Les victimes peuvent aussi saisir l’Agence Régionale de Santé (ARS), qui a le pouvoir d’inspecter les cabinets et d’exiger des justificatifs. Si des écarts sont constatés, l’ARS peut suspendre temporairement l’activité du praticien ou exiger un audit. Cependant, ces mesures ne sont déclenchées qu’après accumulation de signalements, ce qui explique parfois les délais importants entre le début des plaintes et une action effective.

Comment se protéger face à un ophtalmologue ? Les conseils pratiques

Face à un tel risque, il est essentiel de rester vigilant. Voici quelques recommandations concrètes :

  • Exigez une seconde opinion avant toute chirurgie. Une autre expertise médicale peut éviter une erreur.
  • Demandez les résultats des examens (OCT, camp visuel, acuité) et gardez-en copie.
  • Vérifiez l’inscription du médecin à l’Ordre via le site annuaire.sante.fr.
  • Soyez méfiant en cas de diagnostics trop rapides, surtout si une opération est proposée dès la première visite.
  • Signalez tout doute à votre médecin traitant ou directement à l’ARS si nécessaire.

Ces gestes simples peuvent faire la différence entre un traitement approprié et une escalade médicale inutile. Il est tout à fait légitime de poser des questions sur les alternatives non chirurgicales, les risques, ou la durée de suivi prévue.

Bon à savoir

La majorité des interventions ophtalmologiques sont réalisées sans complications. Cette affaire ne doit pas remettre en cause la confiance dans l’ensemble de la profession, mais plutôt encourager une vigilance éclairée.

Marseille, ville à risque ou cas isolé ?

Bien que cette affaire se déroule à Marseille, elle n’est malheureusement pas unique. Des cas similaires ont été rapportés à Bordeaux, Lyon ou Paris. Pourtant, la concentration de signalements dans les grandes villes, comme Marseille, suggère que la pression commerciale, liée à la concurrence entre cabinets, pourrait parfois nuire à l’éthique médicale.

Le rôle des médias, comme Arnaques !, devient alors indispensable pour alerter le public et pousser les autorités à agir.

Le fait que plusieurs victimes aient été opérées pour une pathologie non confirmée, avec le même diagnostic répété, indique un possible biais systématique. Ce phénomène n’est pas propre à l’ophtalmologie : d’autres spécialités, comme la dentisterie ou la chirurgie esthétique, ont déjà fait l’objet d’enquêtes similaires. La clé réside dans la transparence du suivi médical et la possibilité d’accéder facilement à un avis indépendant.

La réaction du public et des réseaux sociaux

Papiers et smartphone sur une table, ambiance sombre, contexte professionnel ou administratif.

Sur Facebook et Instagram, le témoignage publié par Le Parisien a fait l’effet d’une bombe. Des centaines de commentaires ont afflué, certains exprimant de l’effroi, d’autres appelant à une régulation plus stricte du corps médical. Un internaute écrit : « C’est flippant.

On se fait confiance à un médecin et on se retrouve aveugle. » D’autres soulignent un malaise plus large dans le système de santé, où le profit pourrait parfois primer sur le patient.

Les réseaux sociaux jouent désormais un rôle central dans la diffusion d’alertes sanitaires. Ils permettent aux victimes de se faire entendre, mais aussi de croiser leurs expériences. Cependant, il est crucial que ces témoignages soient vérifiés et contextualisés, afin d’éviter la diffusion de fausses informations ou la mise en cause injustifiée de professionnels.

Questions fréquentes

Peut-on refuser une opération proposée par un ophtalmologue ?
Oui, tout patient a le droit de refuser un traitement, même si le médecin le juge nécessaire. Il est recommandé d’en discuter avec son médecin traitant ou de demander une seconde opinion.

Comment savoir si une cataracte nécessite une opération ?
L’intervention est envisagée lorsque la baisse de vision gêne significativement la vie quotidienne. Des examens précis (OCT, acuité visuelle) doivent accompagner le diagnostic.

Que faire si on soupçonne un abus médical ?
Il est possible de déposer une plainte auprès du Conseil de l’Ordre des Médecins, de l’ARS, ou directement en justice. Conserver tous les documents médicaux est essentiel.

Est-ce que tous les ophtalmologues à Marseille sont concernés ?
Non, cette affaire concerne un praticien spécifique. La majorité des ophtalmologues exercent dans le respect des normes médicales et éthiques.

Quel est le rôle de Doctolib dans le choix d’un médecin ?
Doctolib permet de prendre rendez-vous, mais ne valide pas la qualité des soins. Il est important de croiser les avis avec d’autres sources d’information.

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