Un drame inimaginable au cœur d’Oignies
Le 20 novembre 2025, un appel aux pompiers bouleverse le calme d’une journée ordinaire à Oignies. Un incendie s’est déclaré dans un cabinet dentaire situé rue Ernest-Renan. À leur arrivée, les secours sont accueillis par une épaisse fumée noire et des flammes visibles depuis plusieurs rues.
Les équipes de la caserne de Douai, soutenues par celles d’Arras, mobilisent une trentaine d’hommes pour circonscrire le sinistre. Pendant des heures, l’attention se concentre sur les lieux, jusqu’à la découverte macabre d’un corps sans vie dans une petite pièce de stockage. Il s’agit de Linda Hassaini, chirurgienne-dentiste de 49 ans, mère de deux enfants, respectée et appréciée de toute sa patientèle.
Rapidement, les premières hypothèses d’un accident sont évoquées, mais les indices recueillis dans les jours suivants vont faire basculer l’enquête vers une piste criminelle.
Les voisins du cabinet, encore sous le choc, témoignent d’une ambiance paisible jusque-là. Aucun signe de conflit, aucune alerte n’a été perçue. Pourtant, quelque chose a changé dans les semaines précédant le drame.
Certains habitants notent une tension inhabituelle, des allées et venues plus fréquentes en dehors des heures d’ouverture. Un commerçant du quartier se souvient avoir vu Linda en discussion animée avec son assistante quelques jours avant les faits. Il n’y prête pas plus d’attention sur le moment, pensant à un désaccord professionnel mineur.
Personne ne soupçonne encore que ce cabinet, lieu de soins et de bienveillance, allait devenir le théâtre d’un assassinat prémédité.
Quiz : Que savez-vous sur l'affaire Linda Hassaini ?
Question 1 : Où se situe le cabinet de Linda Hassaini ?
Question 2 : Quelle était la relation entre Linda Hassaini et son assistante ?
Quand l’enquête révèle un meurtre prémédité
Les premiers examens menés sur place ne permettent pas de trancher entre accident et homicide. Ce n’est qu’après l’autopsie que la vérité éclate : Linda Hassaini est décédée par asphyxie mécanique, bien avant que le feu ne se déclare. Les traces sur la trachée indiquent une pression violente et ciblée, incompatible avec un simple effondrement ou une inhalation de fumée.
En parallèle, l’expertise incendie conclut à un départ de feu volontaire, probablement provoqué par un accélérateur ou un court-circuit artificiel. Ces deux éléments convergent vers une seule hypothèse : un assassinat suivi d’un incendie de dissimulation.
Le 26 novembre 2025, les scellés du cabinet sont officiellement modifiés : l’enquête passe du statut de « décès » à « homicide ». Le service interdépartemental de la police judiciaire du Pas-de-Calais prend le relais, lançant une information judiciaire pour assassinat. Les enquêteurs repassent au crible les témoignages, les caméras de vidéosurveillance du quartier et les relevés téléphoniques.
Très vite, l’attention se focalise sur les dernières personnes à avoir vu Linda vivante. L’un des derniers appels enregistrés sur son portable provient de son assistante, Maeva V., qui aurait quitté les lieux vers 10 heures ce jour-là – soit environ 45 minutes avant que les voisins n’alertent les secours.
Une arrestation qui choque la communauté
Le 10 février 2026, après près de trois mois d’enquête, Maeva V., 38 ans, assistante dentaire de Linda Hassaini depuis plusieurs années, est interpellée à son domicile. Elle est mise en examen pour assassinat, destruction par moyen dangereux et escroquerie.
Son compagnon, Florian, est placé en détention provisoire pour complicité d’assassinat. Ces arrestations provoquent un électrochoc à Oignies. Comment une personne si proche de la victime, avec qui elle déjeunait régulièrement et qui gardait parfois ses enfants, a pu basculer dans la violence ?
Les témoignages recueillis par les médias font état d’une relation de confiance profonde. Plusieurs patients ont vu les deux femmes rire ensemble, partager des repas au restaurant Mamma Carmelina, en face du cabinet. Pourtant, des signes auraient pu alerter.
Un incident mineur d’incendie avait été signalé quelques jours plus tôt, suivi d’un second, lié à une surchauffe électrique. Ces événements, alors jugés anecdotiques, pourraient en réalité être des tests ou des tentatives de préparation d’un scénario plus large.
Le mobile : une escroquerie au cœur du cabinet ?
Les enquêteurs explorent une piste financière comme mobile principal. Des irrégularités comptables ont été détectées dans la gestion du cabinet. Selon des sources proches de l’enquête, Linda Hassaini aurait découvert des détournements d’argent ou de matériel médical de haute valeur.
Elle aurait confronté Maeva, menaçant d’engager des poursuites. Ce face-à-face aurait pu précipiter les événements. La mise en examen pour escroquerie confirme que cette hypothèse est prise très au sérieux par le juge d’instruction.
La confiance entre les deux femmes, initialement un atout pour le bon fonctionnement du cabinet, est devenue un point aveugle. Maeva avait accès à la comptabilité, aux stocks, aux rendez-vous. Elle connaissait les habitudes de sa patronne, ses moments de solitude dans les locaux.
Cette intimité professionnelle, poussée à l’extrême, aurait permis une attaque furtive, suivie d’un incendie destiné à effacer les traces. L’enquête se poursuit pour déterminer si des objets ont été volés ou revendus après les faits.
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Une disparition qui laisse un vide immense
À Oignies, la douleur est palpable. La maire de la commune, Fabienne Dupuis, rend hommage à une femme « chaleureuse, lumineuse », saluant à la fois son professionnalisme et sa bienveillance. Sur la page Facebook de la Ville d’Oignies, la famille publie un message de remerciement vibrant, remerciant les habitants, les patients, les commerçants pour leur soutien.
Des bougies, des dessins d’enfants, des fleurs s’accumulent devant le cabinet, désormais scellé.
De nombreux patients témoignent de leur reconnaissance. Une mère raconte que son fils, terrifié à l’idée de se faire soigner, n’a plus jamais eu peur grâce à la douceur de Linda. Une autre parle d’un véritable accompagnement humain, bien au-delà du simple acte médical.
Ce que les gens retiennent, ce n’est pas seulement l’excellence technique, mais la manière dont elle mettait chacun à l’aise, avec écoute et respect.
Une tragédie qui questionne les cabinets médicaux
L’affaire relance un débat important sur la gestion des cabinets libéraux. Quelles sont les protections pour les chefs d’entreprise médicaux face à des collaborateurs de confiance ? Certains professionnels s’interrogent sur l’absence de contrôles internes suffisants, notamment en matière de gestion financière.
Une pétition circule localement pour que les assistantes dentaires puissent accéder au statut d’hygiéniste, reconnaissance qui pourrait renforcer leur encadrement et leur formation.
Cette affaire montre aussi les risques d’une relation professionnelle trop étroite. Lorsque collègues deviennent amis, voire presque famille, les limites s’estompent. Ce flou peut être source de bienveillance, mais aussi d’aveuglement.
En 2026, nombre de praticiens repensent leurs procédures internes, imposant des audits réguliers, des doubles vérifications comptables, ou encore des systèmes de vidéosurveillance indépendants.
Attention
Un cabinet dentaire n’est pas seulement un lieu de soin, mais aussi une entreprise. La gestion des accès, des finances et des stocks doit être rigoureuse, même entre collaborateurs proches.
Où en est l’enquête aujourd’hui ?
Fin février 2026, Maeva V. reste en détention provisoire, tout comme son compagnon. L’instruction judiciaire se poursuit sous l’autorité d’un juge spécialisé. Aucune information officielle n’a filtré sur d’éventuels aveux ou reconnaissance des faits.
Le cabinet, toujours scellé, fait l’objet d’une expertise approfondie pour retrouver des éléments probants, notamment des traces ADN ou des traces de produits accélérateurs de feu.
Le drame continue de marquer le paysage local. À Oignies, beaucoup disent encore : « On ne l’oubliera pas. » Linda Hassaini laisse derrière elle bien plus qu’un cabinet vide. Elle laisse une empreinte humaine, une référence en matière de relation patient-praticien, et une question lancinante : comment une tragédie pareille a-t-elle pu se produire dans un lieu censé incarner la bienveillance ?
Questions fréquentes
Qui était Linda Hassaini ?
Une chirurgienne-dentiste de 49 ans installée à Oignies, mère de deux enfants, très appréciée de ses patients pour son écoute, sa bienveillance et son professionnalisme.
Où se trouve le cabinet de Linda Hassaini ?
Le cabinet était situé rue Ernest-Renan à Oignies, dans le Pas-de-Calais.
Quand a eu lieu le drame ?
Le 20 novembre 2025, vers 11h30, lorsqu’un incendie a été signalé dans son cabinet.
Qui a été arrêté ?
Son assistante dentaire, Maeva V., a été mise en examen pour assassinat, destruction par moyen dangereux et escroquerie. Son compagnon, Florian, est incarcéré pour complicité d’assassinat.
Pourquoi l’incendie n’était-il pas un accident ?
L’autopsie a prouvé que Linda Hassaini était déjà morte avant l’incendie, tuée par asphyxie mécanique. L’expertise incendie a également confirmé un départ de feu volontaire.
Quel est le mobile probable ?
Les investigations s’orientent vers un mobile financier, lié à des irrégularités comptables ou des détournements de matériel au sein du cabinet.